Rencontre avec une chrétienne engagée soucieuse d’agir au plus près de chez elle

L’ACE de Gironde a vu son bureau se renouveler il y a quelques mois. Parmi les nouveaux engagés, Anne Linwa est la secrétaire. Cette assistante de vie auprès de personnes handicapées est également bénévole pour l’animation des clubs ACE. Avec un parcours riche d’engagements associatifs, Anne a trouvé dans l’ACE une réponse à son désir de se donner pour l’éducation populaire.

 

Anne, depuis quand êtes-vous engagée à l’ACE ?

Des enfants du club de Pessac Saige et du club de Châtaigneraie durant les activités d’été 2021

Anne Linwa : « Depuis 2019. Au début, j’apportais de l’aide au club de Pessac-Saige qui avait besoin de bénévoles pour l’animation. Un peu plus tard, j’ai proposé ma candidature pour être secrétaire de l’association départementale et je le suis depuis juin 2020. Ce club s’est d’abord retrouvé le dimanche après-midi, une fois par mois environ durant toute l’année 2020, sauf pendant les confinements. Maintenant, le club se réunit les mercredis après-midi. Depuis janvier 2021, j’aide également celui de Cenon qui est en partenariat avec le Secours catholique. La crise sanitaire a entravé nos activités et nous a poussé à faire ACE autrement, notamment en nous rapprochant du Secours Catholique et du Mouvement Chrétien des Retraités. Les familles et les enfants ont manifesté une grande demande pour l’aide aux devoirs. Maintenant les bénévoles de l’ACE, du Secours catholique ainsi que quelques étudiants proposent régulièrement de l’aide aux devoirs en club. A Cenon et à Saige, les bénévoles du Secours catholique nous prêtent leurs locaux et sont déjà venus faire de l’ACE avec nous. »

Comment avez-vous connu l’ACE ?

A.L. : « J’ai connu l’ACE par mon fiancé. Lui est catholique et moi je suis protestante. Il a travaillé sur le mouvement ouvrier et particulièrement sur la JOC dans sa thèse de doctorat. En 2018, nous sommes allés à la commémoration des 70 ans du mouvement ouvrier des Castors à Pessac. Au même moment, au même endroit, l’ACE organisait sa fête du jeu 2018. C’est la première fois que j’ai rencontré des bénévoles et des enfants de l’ACE. Ce mouvement m’a tout de suite beaucoup touché et quand l’occasion s’est présentée, j’ai eu envie de m’y engager durablement. »

Comment concevez-vous l’engagement chrétien en tant que protestante ? Comment être plus chrétien, selon vous, dans la vie de chaque jour ?

A.L. : « Jeune adolescente, j’étais déjà très préoccupée par la question de la fraternité chrétienne. Je suis convaincue que l’engagement chrétien nous dépasse tous et dépasse les dénominations, les étiquettes, les opinions, les cases dans lesquelles nous sommes parfois enfermés. Jésus-Christ nous rassemble et j’aimerais être connue seulement pour ma foi en Jésus-Christ, mon désir de progresser personnellement dans la connaissance de Dieu, mes engagements au service du bien commun et particulièrement de la communauté générale des chrétiens. Je pense que l’on peut mieux suivre l’enseignement de Christ en acceptant d’élargir son horizon, de sortir de sa bulle de confort et de questionner nos préjugés, même si cela peut être déroutant ou effrayant parfois. C’est un chemin étroit et difficile ! L’exemple, c’est toujours le Christ qui était aussi bien sur les routes que dans les assemblées, parfois seul, parfois entouré de foule. Il allait à la rencontre de tous et de toute. Il nous montre l’exemple pour s’affranchir des préjugés et pour voir au-delà de la religion. »

Qu’est-ce que la foi vous apporte ?

A.L. : « La foi en Jésus-Christ me permet de ne pas désespérer devant les nombreuses épreuves de la vie. La foi me permet aussi des rencontres magnifiques de frères et sœurs avec lesquels nous la partageons. Certains ont un témoignage qui me sert de modèle ! »

Que vous apporte votre engagement à l’ACE ?

A.L. : « C’est à travers l’ACE que j’ai découvert la complexité de la gestion associative, le fonctionnement administratif et les rouages d’une association au-delà de l’action de terrain. C’est la première fois que l’on me confie une responsabilité aussi importante. Ce fut parfois difficile car avant mon engagement en ACE, je ne savais pas comment fonctionnait une association. Je ne connaissais pas non plus la Mission Ouvrière Catholique. C’est un univers différent de ce que je connaissais. J’ai dû tout apprendre en assez peu de temps mais les échanges avec les enfants et les autres bénévoles me rendent heureuse. »

Que diriez-vous aux personnes qui se posent la question de s’engager à l’ACE et qui connaissent peu (ou pas du tout !) ce mouvement ?

A.L. : « Je « dirais » avec des actes. Je leur présenterais ce que les enfants de l’ACE réalisent et ce qu’ils apprennent. Beaucoup de bénévoles qui nous ont rejoint ont d’abord observé notre engagement auprès des enfants ou bien nous ont rencontré à l’occasion des évènements de l’année. La visibilité du national sur les réseaux sociaux ainsi que les nombreuses publications et formations proposées sont très utiles pour les bénévoles. C’est avec du concret que le mouvement peut être présenté au public ! »

Avez-vous d’autres engagements que l’ACE ?

A.L. : « L’éducation populaire est très importante pour moi. J’ai enseigné « le caté » dans une église protestante. J’ai travaillé dans une librairie chrétienne. J’ai aussi participé à des maraudes auprès des sans-abris du centre-ville de Bordeaux. Avant l’ACO et l’ACE, j’ai été longtemps engagée dans une association qui s’appelle Coffee Bus 33 et qui offrait – avant la crise sanitaire – un abri et un espace de partage à tous ceux qui « passaient par là » et qui avaient besoin, d’un café, une soupe chaude, de vêtements, d’écoute… mais la crise sanitaire a interrompu cette activité. Mon cheminement est assez original car j’ai offert mes services à toutes les asso vers lesquelles Dieu a mené mes pas et dont je partage les valeurs. J’ai essayé de m’engager à chaque fois localement dans le quartier où je résidais. Je me rends compte en répondant à ces questions que cela fait un parcours étrange et mouvementé. J’ai beaucoup appris, j’ai beaucoup donné et beaucoup reçu. »

Qu’apporte aux enfants l’ACE, selon vous ?

A.L. : « L’ACE a une approche unique dans la responsabilisation et l’éducation civique des enfants, travailler en ACE permet souvent de s’engager auprès d’enfants d’horizons défavorisés. Partager la joie des découvertes et de l’évolution de ces enfants est une joie qui a une saveur particulière. L’ACE c’est aussi un « laboratoire des différences » car les clubs permettent la rencontre d’enfants de milieux très différents et de mettre en pratique la fraternité ! »

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