MIDADE 2019 : l’ACE & ses associations soeur partagent une même vision de l’enfant


Du 29 avril au 4 mai s’est tenue la rencontre du MIDADE.
Le MIDADE, c’est le rassemblement des différentes associations du monde qui, comme l’ACE, œuvrent auprès des enfants avec la pédagogie du jeu et pour promouvoir leurs droits.
Chantal Viard, ancienne présidente nationale de l’ACE et actuelle vice-présidente du MIDADE ainsi que Marie-Julie Subervie, chargée de pédagogie à l’ACE, ont pleinement participé à cette rencontre, aux côtés des délégués des 29 associations membres. Elles nous racontent ce qu’elles ont vécu.

Marie-Julie Subervie, chargée de pédagogie à l’ACE
Marie-Julie Subervie, chargée de pédagogie à l’ACE, à droite sur la photo
Chantal VIARD Midade
Chantal VIARD – Vice présidente du MIDADE

Quelles impressions avez-vous eues en arrivant à la rencontre du MIDADE ?

Chantal Viard : « Ma première impression était que de nombreux délégués (Corée, Amérique Latine, Sri Lanka, etc.) étaient des jeunes de 25 à 40 ans nouveaux dans les équipes nationales. Ensuite, j’ai constaté le sérieux dans la préparation de la rencontre par chacune des associations. Toutes avaient préparé quelque chose, y compris celles qui n’avaient pas pu envoyer de délégués ! Aussi, j’ai ressenti que les enfants étaient au cœur de ce rassemblement. On cherche à faire à partir de leurs désirs. »

Les participants du MIDADE ont assisté à l’audience du Pape, place Saint-Pierre, le mercredi 1er mai.

Marie-Julie Subervie : « J’ai senti une vraie envie de se rencontrer. Les personnes présentes étaient heureuses d’être là et allaient facilement à la rencontre des autres. Le premier temps auquel j’ai assisté a été la messe d’ouverture de la session. Une célébration remplie des couleurs des drapeaux des différents pays… Je n’avais même pas pensé emmener de drapeau… nous n’avons pas du tout le même rapport à la nation ! »

Qu’attendent les délégués des associations de cette rencontre ?

Ch.V. : « De nombreux participants aimeraient qu’il y ait davantage de communication entre les enfants des différentes associations qu’ils représentent. Les associations se sentent isolées et ont besoin d’échanger autour des bonnes pratiques de chacun : modules de formation, actions terrain… Ils ont été enthousiasmés par les carnets d’activités que publie l’ACE : livret 100% amitié, etc. Cela leur a donné des idées. J’ai été impressionnée par l’association de Guinée-Konakry qui organise un camp d’été pour 600 enfants de 5 à 16 ans avec 70 accompagnateurs ! »

MJS : « On sent que des problématiques traversent absolument tous les pays : l’utilisation du numérique et l’accès trop facile à la pornographie, les familles monoparentales, les agressions sexuelles des enfants… avec une volonté de promouvoir plus que jamais la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE).  J’ai ressenti aussi une volonté de croire dans le développement du Midade malgré les difficultés financières : « Si les autres y arrivent, pourquoi pas nous ? ». »

Parmi les expériences racontées par les participants, lesquelles vous ont particulièrement interpellée ?

MIDADE
L’association MANTOC du Pérou et sa jeune représentante Claudia, une association très active pour défendre les Droits de l’enfant.

CH. V. : « Dans plusieurs pays, l’île Maurice et le Pérou notamment, des jeunes filles subissent des agressions sexuelles ou vivent des grossesses précoces. Toute une démarche d’éducation et de prévention se met alors en place pour accompagner ces jeunes filles pour permettre leur épanouissement dans une vie affective. Nous sommes nombreux à avoir été touchés par tout ce qui est violences sexuelles en Afrique mais également en Amérique latine, à l’Île Maurice… Et même au Pérou où ce sont les enfants qui mènent leur association, Manthoc, qui a pour but d’améliorer la qualité de vie des enfants et adolescents travailleurs. Ils travaillent ainsi avec Amnesty International et mènent une action avec les enfants dans le secondaire pour identifier comment la violence sexiste impacte leur vie de tous les jours et pour proposer des solutions novatrices pour éliminer le harcèlement sexuel. »

Lors de la rencontre internationale du MIDADE, c’est Patricia Rivera-Guerra du Manthoc, l’association du Pérou, qui a été élue présidente

M.-J.S. : « Plusieurs expériences racontées ont été marquantes. Je peux en donner deux exemples.

Au Sri Lanka, les adultes sont obligés de migrer pour trouver un emploi. Les enfants sont donc livrés à eux-mêmes et deviennent de ce fait des enfants des rues où ils sont en proie aux agressions physiques et sexuelles et vivent une extrême pauvreté. Ils doivent travailler et ne mangent pas à leur faim. Alors le mouvement des enfants du Sri-Lanka LA-KRI-VI met en place des formations pour les accompagnateurs avec des avocats bénévoles concernant la situation de ces enfants.

Plus proche de nous, le sort des enfants syriens détenus dans des camps au Liban est problématique. Ils ne peuvent vivre en dehors de ces camps (qui sont complètement insalubres : problèmes d’hygiène et de sécurité) même s’ils sont nés sur le territoire. Ils vont donc dans des écoles dans ces camps mais n’ont aucun avenir puisqu’ils ne pourront pas travailler au Liban. Le Midade Liban établit des correspondances entre les enfants libanais et les enfants syriens. Cette action peut paraître minuscule et pourtant… Elle permet aux enfants libanais de changer de regards sur les enfants syriens mais surtout, cela leur permet de comprendre qu’une interaction avec ces enfants est possible. Les enfants ont ensuite demandé à ce que leur camp d’été accueille des enfants syriens ! Pari réussi ! »

Chantal, vous avez été réélue vice-présidente du MIDADE. Quel est le plan d’action du MIDADE ?

Le Père Denis Durand, à droite, est aumônier national de l’ACE. Il est intervenu lors de la rencontre sur le thème de la spiritualité dans le mouvement et l’accompagnement spirituel.

Ch.V. : « Le MIDADE entend accompagner les associations pour aller plus loin dans leur mission éducatrice, notamment par rapport à l’utilisation des nouvelles technologies. Le MIDADE souhaite également mettre l’accent sur la relecture au sein des groupes d’enfants. Il y a aussi un grand besoin d’assurer la protection des enfants face à toutes formes d’abus. »

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