Réception du Rapport de la CIASE – Communiqué de l’ACE

La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE) a rendu son rapport le 5 octobre dressant un bilan effroyable de 70 ans de pédocriminalité dans l’Église. La Fédération nationale de l’ACE accueille le rapport de la CIASE avec une extrême attention : au-delà de l’effroi, il nous met face à notre responsabilité en tant que mouvement apostolique d’enfants.
Patrick Raymond, président, et Isabelle Goupillon de l’aumônerie nationale prennent la parole…


Chers amis, parents et membres adultes du mouvement, 

La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE), présidée par Monsieur Jean-Marc Sauvé, a remis mardi 5 octobre son rapport aux évêques de France et aux membres de la Conférence des religieuses et religieux de France (CORREF) qui l’avaient appelé de leurs vœux il y a presque 3 ans. Ce document colossal de plus de 2500 pages est le fruit d’un travail non moins colossal de recherches, de recoupements mais aussi d’auditions de centaines de personnes, victimes ou témoins de faits de pédocriminalité commis par des clercs et des laïcs dans notre Église au cours de ces 70 dernières années.

Les chiffres et les récits effarants qui nous sont présentés dans ce précieux travail de vérité mettent en lumière des décennies de souffrance des plus petits et des plus fragiles. Ils nous saisissent d’abord tous et chacun comme parents, grands-parents, voisins, amis, athées ou croyants, comme frères et sœurs en humanité surtout. Le rapport de Jean-Marc Sauvé met des mots et des visages sur des réalités effroyables qui ont brisé tant de vies et dévoile le caractère systémique de ces violences sexuelles ancré dans les structures ecclésiales. C’est bien toute l’Église catholique de France, dans chacune de ses représentations, hommes, femmes, institutions, qui porte, par ses exactions, sa complicité ou sa complaisance, la responsabilité collégiale des itinéraires fracassés des centaines de milliers de victimes.

Notre mouvement accueille ce rapport avec une extrême attention. Au-delà de l’effroi, il nous met face à notre responsabilité en tant que mouvement apostolique d’enfants, celle de bâtir une Église qui ne sème plus la mort, mais célèbre le Dieu de la vie. Il n’est pas question pour nous d’en rester à l’émotion et de se contenter de paroles qui n’engageraient pas, nous devons agir ici et maintenant. Le rapport fait état de pistes de transformations concrètes de l’Église qui interrogent directement nos modes de gouvernance et de relations. À l’ACE, nous sommes convaincus, aujourd’hui plus qu’hier, que c’est dans le fonctionnement quotidien de chacune de nos structures d’Église que se joue la protection des plus petits et que se dessine une Église qui protège au lieu d’enfermer. La mise en œuvre des recommandations du rapport de la CIASE dépend de nous tous, amis, parents et membres adultes du mouvement dans la continuité des actions que nous menons d’ores et déjà pour prévenir et lutter contre la pédocriminalité, et celles que nous engagerons dans les semaines à venir.

Parce que l’Église ne doit plus jamais être un lieu de secret, de pouvoir et d’enfermement, mais bien un lieu de vie et d’épanouissement où les enfants et les familles sont accueillis en toute sécurité physique, affective et morale.

                                              

Patrick Raymond, président de la fédération nationale de l’ACE

Isabelle Goupillon, aumônerie nationale ACE

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