Noël : un jour de plus commence…

Ce jour de Noël est un jour de plus certes, mais il n’est pas tout à fait comme les autres : c’est un jour de fête bien qu’il arrive dans nos histoires humaines personnelles ou familiales parfois compliquées voire douloureuses. Noël c’est en effet beaucoup d’émotions, de l’attente, des souvenirs aussi, des cadeaux parfois, des souhaits de bonheur pour les proches et ceux que l’on ne connaît pas, car au fond de son cœur, on voudrait pouvoir embellir instantanément le monde pour que justice et paix se conjuguent au présent, pour tous et pour toujours !

Les enfants, messagers de justice, de paix et d’amour

Noël c’est bien sûr la fête des enfants. Nous le voyons bien en ACE, ils sont particulièrement sensibles aux lumières (bougies, lumignons, lanternes), aux messages de paix et d’amour, (cartes postales, avions en papier, guirlandes, personnages de la crèche, colombe…) découpés, dessinés, coloriés, personnalisés et envoyés ou remis à ceux qui souffrent d’être isolé, malade, ceux qui sont démunis, sans papier, tous ceux qui ont besoin d’attention, de réconfort et de douceur. Les enfants, petits ou grands, apprécient de prendre le temps de composer pour d’autres, avec une grande implication, des douceurs à partager (sablés, friandises, boissons chocolatées…).
Qu’ils soient jeunes ou seniors, ils s’adressent à tous, aux plus fragiles qu’ils soient enfants ou adultes. Et leur simplicité pour signifier un lien même ténu d’amitié et de transmission de la Bonne Nouvelle, nous invite, nous aussi les adultes, à œuvrer pour que la joie de Noël se répande, par petites touches mais aussi par vagues : par des paroles, par des gestes de solidarité, par des présents confectionnés ou récoltés à cette occasion, par une présence parfois silencieuse. Être avec, en vérité et en profondeur avec l’autre ou les autres ne nécessite pas forcément d’être bruyant. Le regard suffit bien souvent. Et les enfants le savent bien, eux qui contemplent avec admiration et empathie les petits bergers, les santons, ainsi que les personnages de carton qu’ils ont pu fabriquer indiquant les absents de leur famille de cœur qui se prosternent devant l’enfant de la crèche et qu’ils ont ainsi rendus si présents à l’évènement survenu dans une étable à Bethléem ; évènement qui se renouvelle chaque année.  Cet enfant nouveau-né, ce Dieu vient se mettre à un niveau le plus bas, le plus menacé pour nous donner son amour et nous sauver ; il nous entraîne à rendre le monde encore plus beau, et meilleur, meilleur qu’hier disent les enfants en ACE !

Noël, fête de l’Espérance

Noël ce n’est pas seulement une fête individuelle et familiale, c’est une fête bien plus grande, celle de la famille humaine à l’échelle universelle : les chrétiens célèbrent en Église sur tous les continents, la naissance de Jésus -Dieu fait homme, Sauveur de tout homme, Prince de la Paix. Leurs rites qui différent selon les cultures locales, leurs chants, leurs langues, leurs costumes, leurs traditions, composent une mosaïque extraordinaire témoignant de leur foi et de leur espérance ! Que de beautés en ce monde) pour qui sait les contempler (lien avec la résolution ! Si le contexte actuel social, économique, mondial dans lequel s’inscrit cette fête est difficile, tous, nous sommes invités pourtant à marcher dans l’Espérance. Le Pape François nous le rappelle dans son encyclique Fratelli Tutti (51 et 55 ) :

« La pandémie récente nous a permis de distinguer et de valoriser de nombreux hommes et femmes, compagnons de voyage, qui, dans la peur, ont réagi en offrant leur propre vie. Nous avons pu reconnaître comment nos vies sont tissées et soutenues par des personnes ordinaires qui, sans aucun doute, ont écrit les événements décisifs de notre histoire commune : médecins, infirmiers et infirmières, pharmaciens, employés de supermarchés, agents d’entretien, assistants, transporteurs, hommes et femmes qui travaillent pour assurer des services essentiels et de sécurité, bénévoles, prêtres, personnes consacrées … ont compris que personne ne se sauve seul.
L’Espérance nous parle d’une soif, d’une aspiration, d’un désir de plénitude, de vie réussie, d’une volonté de toucher ce qui est grand, ce qui remplit le cœur et élève l’esprit vers les grandes choses, comme la vérité, la bonté et la beauté, la justice et l’amour. […] L’espérance est audace, elle sait regarder au-delà du confort personnel, des petites sécurités et des compensations qui rétrécissent l’horizon, pour s’ouvrir à de grands idéaux qui rendent la vie plus belle et plus digne ».

Noël, c’est la fête de l’espérance pour tous.

Dieu avec nous

Dieu avec nous, tu surprends l’humanité entière
en n’étant pas dans la toute-puissance du tyran,
mais dans la promesse d’une naissance à venir.
Accompagne-nous dans notre marche à l’amour,
ainsi nous percevrons ta présence en l’autre.

Dieu avec nous, tu bâtis la justice et la paix,
malgré la guerre, l’intolérance, la haine.
Apprends-nous à t’accueillir sans te manipuler,
à construire avec toi un monde plus fraternel,
ainsi nos déserts se changeront en vergers.

Dieu avec nous, tu réponds à notre espérance
en nous partageant ta soif de libération.
Creuse en nos âmes la faim de ton salut,
pour qu’avec Marie nous goûtions la joie
d’être tous réunis un jour dans ton Royaume.

Dieu avec nous, tu viens toujours nous sauver
par l’amour désarmé de l’enfant de Bethléem.
Sois notre étoile dans la nuit de nos doutes,
manifeste ta venue par des signes de pardon,
Toi, l’Emmanuel, de la crèche au tombeau vide.

(Jacques Gautier, Prières de toutes les saisons, éditions Bellarmin / Parole et Silence.)

Noël, quand Jésus marche parmi les hommes

Alors, que dire de plus en ce jour de Noël sinon qu’un jour de plus commence, un jour neuf qui nous remet en marche parmi les hommes ?  Madeleine Delbrel* l’a si bien exprimé dans ce texte en forme de prière ; il résonne encore pour nous: oui, Jésus marche parmi les hommes ! JOYEUX NOËL !

« Un jour de plus commence, Jésus en moi veut le vivre. Il ne s’est pas enfermé, Il a marché parmi les hommes. Avec moi il est parmi les hommes d’aujourd’hui. Il va rencontrer chacun de ceux qui entreront dans la maison, chacun de ceux que je croiserai dans la rue, d’autres riches que ceux de son temps, d’autres pauvres, d’autres savants et d’autres ignorants, d’autres petits et d’autres vieillards, d’autres saints et d’autres pécheurs, d’autres valides et d’autres infirmes. Tous seront ceux qu’il est venu chercher. Chacun, celui qu’il est venu sauver.

À ceux qui me parleront, il aura quelque chose à répondre ; À ceux qui manqueront, il aura quelque chose à donner. Chacun existera pour lui comme s’il était seul. Dans le bruit il aura son silence à vivre. Dans le tumulte, sa paix à mouvoir. Jésus en tout n’a pas cessé d’être le Fils. En moi il veut rester lié au Père. Doucement lié, dans chaque seconde, balancé sur chaque seconde comme un liège sur l’eau. Doux comme un agneau devant chaque volonté de son Père.

Tout sera permis dans le jour qui va venir, tout sera permis et demandera que je dise « oui ». Le monde où il me laisse pour y être avec moi ne peut m’empêcher d’être avec Dieu ; comme un enfant porté sur les bras de sa mère n’est pas moins avec elle parce qu’elle marche dans la foule. Jésus, partout, n’a cessé d’être envoyé. Nous ne pouvons pas faire que nous ne soyons, à chaque instant, les envoyés de Dieu au monde. Jésus en nous ne cesse pas d’être envoyé, au long de ce jour qui commence, à toute l’humanité, de notre temps, de tous les temps, de ma ville et du monde entier.

À travers les proches frères qu’il nous fera servir, aimer, sauver, des vagues de sa charité partiront jusqu’au bout du monde, iront jusqu’à la fin des temps. Béni soit ce nouveau jour, qui est Noël pour la terre, puisqu’en moi Jésus veut le vivre encore. »


* Madeleine Delbrel, 1904-1964, est considérée comme une des figures spirituelles majeures du 20ème siècle. Installée à Ivry comme assistante sociale, elle mène une vie évangélique et communautaire en milieu communiste. Par l’accent de ses écrits et le caractère pionner de son témoignage, elle atteint peu à peu un large public.)

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