Les enfants de Pau en marche avec les sans-papiers

Dans le club des Meilleurs amis du monde de Pau, on a de bonnes raisons d’être solidaires des sans-papiers : la famille d’Iréna, qui vient d’Albanie, est sans papiers, sans droits. Cela ne veut pas dire que la famille manque d’amis !

Grâce à leur mobilisation, le papa d’Irena a même obtenu une promesse d’embauche, et pendant 10 mois, parents et enfants ont pu être logés en appartement avec deux autres familles. Avec le CRDE (Collectif pour le respect du droit des étrangers – Solidarité migrants) qui rassemble 15 associations, RESF, le réseau Éducation sans frontières, qui a pu obtenir de l’aide du CCAS, l’école de la petite sœur d’Irena, qui a pris en charge deux mois de loyer, la famille d’Irena n’a pas été seule face aux nombreuses démarches à entreprendre pour obtenir un statut. Tous ensemble, ils ont participé à des rassemblements devant la Préfecture pour demander la régularisation de 8 familles mais à ce jour, deux seulement ont obtenu gain de cause. 

En l’absence de réponse pour Irena, Babeth, la responsable du club, a même écrit au préfet pour appuyer son dossier :

 » La jeune Irena participe au club Ace à Pau, depuis un an. Elle est très bien intégrée dans ce « club des meilleurs amis du monde », nom que se sont donné les enfants. Elle y apprend la solidarité, la citoyenneté, le vivre ensemble. C’est une enfant très intelligente, participative, elle a de très bonnes relations avec les autres enfants et adultes. Ses parents la soutiennent bien dans la participation à l’association et quand la petite sœur aura 6 ans, ils sont demandeurs qu’elle puisse rejoindre le groupe. »

Babeth peut en témoigner, à travers le thème de la résolution, « Meilleur qu’hier », les enfants du club apprennent à être acteurs du changement, à agir pour le respect de la planète, à rendre le monde meilleur. Babeth l’a dit au préfet: « Ces enfants apporteront sans doute beaucoup à la France par leur courage,  leur dynamisme, leur ingéniosité, leur reconnaissance à la France. Ils sont déjà la richesse de la France. » Babeth a conclu sa lettre par une question qui la préoccupe : « En arrivant en France, Irena a espéré une vie meilleure avec moins de violence que dans son pays. Pourra -t-elle continuer à croire que demain sera meilleur qu’hier ? »

Alors le club qui suit de près la situation d’Irena n’a pas l’intention de baisser les bras ! Pour marquer leur soutien, les copains ont donc décidé de participer à la Marche nationale des sans-papiers, qui a achevé son parcours à Paris le 17 octobre, après vingt-sept jours de marche épuisante à travers la France pour réclamer davantage de droits. C’est dans les rues de Pau que les enfants sont allés manifester leur solidarité, en soutien à Irena et à toutes les familles comme la sienne qui sont en attente et qui voudraient bien pouvoir poser leurs valises.

La veille du jour J, les enfants se sont retrouvés pour préparer une banderole aux couleurs de l’ACE. Parce que comme l’a souligné Léo, 12 ans : « C’est normal, ça pourrait être nous ! ». Quant à Irena, après avoir marché avec tout ce monde, après avoir senti cette grande vague de solidarité dans le pays, elle s’est sentie fière !

Les commentaires sont clos.


  • Les partenaires de l'ACE