Jouer, c’est du sérieux ! | Webconférence de Michel Damade le 17 novembre 2022

Michel Damade est pédopsychiatre à Bordeaux. Bien qu’aujourd’hui, il n’entame plus de nouveau suivi thérapeutique d’enfants et de jeunes à son cabinet, il continue d’intervenir au sein du Réseaux Ados Gironde. Cette association accompagne des adolescents et leur famille et propose des formations aux professionnels intervenant dans le champ de l’éducation et de la prévention.

Ancien animateur Cœurs Vaillants à Nice puis responsable associatif de l’ACE de Gironde, il est aujourd’hui un partenaire privilégié de l’Action catholique des enfants sur les questions liées à l’enfance et l’éducation. Il sera d’ailleurs l’acteur principal de la prochaine conférence en ligne proposée par le mouvement « Jouer, c’est du sérieux ! » et a accepté de répondre à nos questions.

Pourquoi vous êtes-vous intéressé au jeu dans votre carrière de pédopsychiatre ?

Impossible de ne pas passer par le jeu avec les enfants. Le jeu est le lieu même de l’expression de l’enfant, de son développement psychique, moteur et social. Toutes les lois du monde, tous les apprentissages, toutes les corrélations de motricité, tout ce qui est de lui et de l’autre, il le découvre par le jeu et cela à tous les âges.

Le jeu, le fait de jouer, c’est la vie des enfants ! Jouer avec eux, s’intéresser à leur jeu, c’est les prendre au sérieux !

Comment vous en êtes-vous servi dans votre carrière de pédospychiatre ?

Déjà l’espace thérapeutique où j’accueille les jeunes patients s’appelle « la salle de jeu ». C’est un lieu où j’explique aux enfants que l’on joue et qu’ils peuvent jouer à tout. Cela, dans un cadre défini évidemment : on ne se fait pas mal [blesse pas], on ne casse pas, on respecte la limite horaire et on laisse les jeux dans la salle de jeux pour les autres enfants…

Dans cette salle de jeu, les enfants ont librement accès à pleins d’outils : des crayons, de l’eau, des petits personnages playmobiles, des voitures, des kapla, de la pâte à modeler, des instruments de musique…

Dans cette salle de jeu, l’enfant a le droit d’être ce qu’il est, de se « mettre en jeu », dans le but de mettre au jour et de traiter ce qui est source de difficultés.

Par le jeu, qu’avez-vous permis à ces enfants ?

Le jeu permet l’expression, peu importe le jeu d’ailleurs. Par le jeu (thème, modalités, interactions avec moi…), l’enfant dit quelque chose de lui. Après c’est mon travail de psy de repérer ce qui se répète, d’entendre ce qu’il me dit ou ce qu’il me montre. Je deviens miroir, et je fais écho[s] pour que l’enfant se comprenne mieux lui-même. Ainsi, il peut faire des liens entre des événements vécus et des comportements qu’il ne maîtrise pas (et dont il n’a parfois même pas conscience), des comportements agressifs ou au contraire un état très passif… Et s’il se comprend mieux, peut-être qu’au fil du temps pourra-t-il mieux se contrôler et s’extraire de ses comportements problématiques. En tous les cas, les comportements problématiques prennent sens au lieu de n’être que sources de reproches dans sa vie sociale et de le déborder sans qu’il y comprenne grand’chose.

Nous vous invitons à creuser le sujet, le jeu comme essentiel au développement de l’enfant dans toutes ses dimensions de vie, avec Michel Damade le jeudi 17 novembre à 20h en direct sur la chaîne Youtube de l’ACE mais aussi directement ci-dessous.

Assister à la conférence en ligne

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