Éduquer sans punir, est-ce possible ?

On a tendance à penser que l’éducation doit passer par le rapport de force, que l’enfant ne peut comprendre que si l’on passe par un système de récompenses et punitions, qu’il doit apprendre l’obéissance dès tout-petit afin d’être prêt à obéir à toute forme d’autorité quelle qu’elle soit.


Comment gérer les crises sans passer par le système de punition ? L’écoute active et empathique améliore considérablement les relations. Prendre en compte la parole de l’enfant, comprendre ce qu’il ressent, entretient une relation de confiance qui permettra l’expression plutôt que les crises. N’hésitez pas à vous-même employer le « je » qui permet à l’enfant de comprendre ce que vous ressentez. Plutôt que de dire à un groupe d’enfants « Taisez-vous ! », expliquez-leur pourquoi aujourd’hui vous supportez moins le bruit que d’habitude : « Je n’ai pas passé une très bonne nuit, je suis fatigué aujourd’hui. Serait-il possible que vous parliez moins fort ? ».
Ainsi les enfants comprendront pourquoi aujourd’hui, plus qu’un autre jour vous avez besoin de calme.
Vous pouvez également les accompagner à trouver une solution au problème qui crée la crise. Et donc écouter pourquoi ils ne vont pas bien, pourquoi il y a eu dispute.

Demandez-leur s’ils ont une solution et proposez la vôtre, donner des conseils sur la méthode qui vous semble la plus appropriée, la plus acceptable pour tous. Si le problème persiste, obstinez-vous à écouter et conseillez même si cela n’est pas toujours évident.

En somme, dans ce genre de relations il n’y a ni perdant ni gagnant, ni dominant ni dominé, ni faible ni fort ; il y a des discussions, sans jugement, ni dispute.


Marie-Julie SUBERVIE - ACE

Marie-Julie Subervie est chargée de la pédagogie et des revues enfants à la Fédération nationale de l’Action Catholique des Enfants depuis février 2016.
Perlin, fripounet, triolo en ACE puis adolescente militante à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, son parcours en action catholique l’emmène à s’engager dans des études universitaires dans le secteur du social et du socio-culturel. En Gironde, son département d’origine, elle fût, pendant 10 ans, animatrice-médiatrice dans une association œuvrant dans différents quartiers populaires puis coordinatrice d’un pôle jeune-adulte et famille dans un centre social. Appelée par le diocèse de Bordeaux pour une mission de Laïc en Mission Ecclésiale au service de l’ACE et de la Mission Ouvrière de gironde, elle y redécouvre le mouvement.
Aujourd’hui, elle porte une attention toute particulière à l’épanouissement personnel, collectif et spirituel des enfants ainsi qu’à leur participation et la prise en compte de leur parole dans la société.

(Extrait du feuillet adulte n°21 accompagnant les revues Ricochet et Vitamine)

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