Sœur Marcelle et le club Fisakaizana

Sœur Marcelle Guignard n’est pas une débutante. A 81 ans, la religieuse de la communauté de Sainte Marie de Torfou (à 40 km de Nantes) démarre un nouveau club à Vic-sur-Cère, petite bourgade du Cantal où, de ses propres mots, elle est venue « se perdre » il y a quelques années, après 30 ans de mission dans différents pays d’Afrique. Mais comment s’ennuyer quand on sait s’entourer d’enfants ?


Soeur Marcelle - ACE
Sœur Marcelle

Marcelle a toujours connu l’ACE. Quand elle s’est installée à Vic-sur-Cère, elle s’est naturellement engagée à faire le catéchisme aux enfants du coin mais voyant qu’ils avaient du mal à se retrouver dans ce cadre, elle a rapidement réalisé qu’ils avaient besoin d’un autre contexte pour s’épanouir et qu’ils ne persévèreraient pas dans les voies ecclésiales classiques. « En les observant, raconte Marcelle, je me suis dit : ces gamins-là, il y a de la ressource, il faut leur proposer quelque chose ! » C’est comme ça que tout a commencé. Pour le moment, ils sont 6 : 3 garçons et 3 filles en 5e et 4e. Ils se retrouvent régulièrement, sont abonnés à la revue Vitamine et ont déjà des projets plein la tête. Est-ce l’influence de Marcelle, forte de son passé missionnaire ? Les enfants ont tout de suite eu envie de voir grand, de dépasser les frontières et de vivre la solidarité à l’internationale.

Amitié avec les enfants de Madagascar

Il se trouve que la vallée où vivent les enfants est le lieu de naissance d’un certain Jacques Berthieu, qui a été canonisé en 2012. Né en 1838 dans le petit village de Polminhac où habite toujours sa famille, ce prêtre jésuite était missionnaire à Madagascar où il est mort en martyr en 1896. Là-bas, le saint compte beaucoup et une basilique, qui sera lieu de pèlerinage, est en train d’être érigée à son nom. « Nous avons profité de ce lien avec Madagascar pour nous mettre en contact avec un club d’enfants sur place avec qui nous avons échangé sur le quotidien des enfants. Là-bas, ils jouent énormément au foot. Les enfants ont été très marqués par le fait qu’ils étaient si pauvres qu’ils n’avaient pas les moyens de s’acheter un ballon et devaient jouer avec des sacs plastiques ! » C’est ce qui les a motivés à mener une série d’actions, notamment pendant le Carême, pour récolter des fonds. Une vente à prix libre de sachets d’arachides leur a permis de lever 250 euros avec lesquels ils ont pu acheter 12 ballons pour les copains malgaches. Depuis, ils forment le groupe FisaKaizana :

 ce mot signifie “amitié” en malgache et nous faisons justement des actions amicales envers les personnes qui sont dans le besoin 

explique Louis, membre du club. Comme ils avaient également constaté que les enfants étaient pieds nus et sans maillots, ils ont fait appel à la générosité des clubs de foot locaux et ont récupéré et envoyé pas moins de 14 maillots de foot.

Soeur Marcelle - ACE

Soutien aux enfants du Burkina

Décidément, à cœur vaillant rien d’impossible ! Dans sa vie passée en Afrique, sœur Marcelle a ouvert plusieurs écoles dont une maternelle au Burkina avec laquelle elle a gardé des liens. Elle a été sollicitée par les responsables qui manquaient de jouets pour les petites classes. Qu’à cela ne tienne ! Les enfants du club ont immédiatement pris l’affaire en main, demandé aux femmes du Secours populaire de tricoter des doudous, organisé une collecte dans l’église, fait les marchés de Noël et ainsi récolté des kilos de jouets et près de 400 euros qui serviront également à l’achat de fournitures scolaires. Pour le grand bonheur des paroissiens mis à contribution et tenus au courant de toutes les tribulations des petits triolos dont ils suivent les aventures avec beaucoup d’enthousiasme. « Ils sont même très applaudis le dimanche lorsqu’ils viennent parler de leurs projets ! », se réjouit sœur Marcelle. « Nous sommes contents d’avoir réalisé nos projets, témoignent les enfants, et nous en avons déjà beaucoup d’autres en tête pour réussir 2020 ! » D’ailleurs nous aussi, on a hâte de connaître la suite des aventures de Louis, Jean, Noa, Emma, Élise et Léa…

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