Coralie Bernard, une place toute trouvée auprès des enfants

Jeune maman d’une petite fille, Coralie Bernard, 27 ans, habite la région de Saint-Omer depuis sa tendre enfance. Plus qu’y habiter, elle y endosse diverses casquettes : permanente de l’ACE et accompagnatrice de clubs, animatrice laïque en pastorale pour le diocèse d’Arras, coordinatrice de l’action de la mission ouvrière et de ses partenaires…
Sa soif du service et son amour des enfants l’ont tout naturellement conduite à s’engager en Action catholique.

S’occuper d’enfants dans un mouvement chrétien s’est fait tout naturellement lorsque Coralie est devenue adulte. Enfant, elle participait régulièrement à des temps forts proposés par le club ACE proche de chez elle.

Coralie Bernard avec les enfants de l'ACE
Coralie Bernard avec les enfants de l’ACE

« L’ ACE, c’est tellement formateur ! Si je suis ce que je suis, c’est grâce à l’ACE et à la JOC ! C’est durant le mois de juillet que je participais aux activités ACE. Les animateurs des permanences quartier s’occupaient de nous. J’y ai découvert la pédagogie de l’ACE dans sa dimension jeux, bien sûr, mais aussi dans sa dimension engagement pour la vie de la commune : rencontrer le maire et le conseil municipal pour proposer divers projets… » Et l’influence auprès du maire de payer : « Au bout de quelques années, une aire de jeux a été construite ! »

Permanente de l’ACE du Pas-de-Calais pendant quatre années et plus localement depuis six ans, l’appel à s’occuper de ces mouvements comme laïque en mission est apparue comme une évidence.« J’ai senti qu’on avait besoin de moi à ce moment-là et ai répondu favorablement à cet appel. En ACE, on parle « d’appeler » de nouveaux bénévoles, de nouveaux jeunes auxquels on fait confiance… »

Car si l’on a « appelée » Coralie, c’est très certainement pour ses compétences mais sans doute encore plus encore pour son savoir-être. « Viens pour ce que tu es » lui a-t-on dit, et « j’ai trouvé ça chouette ».
Cet engagement dans l’Action catholique n’est pas arrivé par hasard… C’est dans le terreau familial qu’a germé sa vocation.

« L’action catholique ? Je suis tombée dedans quand j’étais petite ! Ca faisait partie de mon quotidien. J’ai toujours connu ma mère s’engageant dans divers mouvements, hier à l’ACE et aujourd’hui à l’Action catholique ouvrière… »

Une formation d’éducatrice pour mieux servir l’action catholique

©BRYAN RAYNAUD / ACTION CATHOLIQUE DES ENFANTS
Coralie Bernard accompagne Mayline, une jeune fille en fauteuil roulant, lors du Conseil national des Enfants — © Bryan RAYNAUD

Malgré l’appel, Coralie n’a pas négligé de se former pour exercer au mieux une mission auprès d’enfants. Après son Bac STL en biochimie génie biologique, elle a suivi deux années d’études pour devenir éducatrice. « Mes études m’ont permis une pause de deux ans, sans engagement pour l’Action catholique » raconte celle qui n’aura pas tardé à y retourner.
A 21 ans, on lui a proposé de devenir animatrice en pastorale. « Quand on s’engage, on ne regarde pas l’horloge… » ajoute Coralie qui n’a pas non plus hésité à prendre de son temps de jeune maman pour accompagner Mayline, une jeune élue partie représenter ses camarades au Conseil national des enfants.
Parce qu’elle se déplace en fauteuil roulant, Mayline a besoin de davantage d’attention : « je connais bien sa famille et c’était logique que ce soit moi qui l’accompagne. »

Susciter la confiance en eux des enfants

« Quand je suis au contact des enfants du club, je sens que ma place est bien là. Je crois que j’y trouve mon bonheur et beaucoup d’épanouissement ! C’est important de l’être dans une activité professionnelle… Je n’y cherche rien mais en repars toujours avec quelque chose. Il n’y a pas un seul matin où je me lève avec un boulet au pied… Je rencontre du monde et ça me plait beaucoup » témoigne Coralie qui met tout son cœur au bon développement des enfants, ces « adultes de demain ». « Je me pose beaucoup de questions sur comment les faire grandir. » Et des réponses, elle sait en trouver. Dans les livrets de l’ACE, mais aussi auprès de son conjoint professeur de sport avec lequel ils échangent de bons tuyaux pour accompagner les enfants… Mais ce qui compte, « c’est de leur donner confiance. Je me rappelle d’un jeune homme, Valentin, qui avait un handicap et s’étonnait : « mais comment tu me fais confiance à moi qui ai un handicap ? » » A entendre la réponse de Coralie, il suffit de croire en l’humain ! « En Action catholique, on touche un public large et c’est important de montrer qu’on leur fait confiance. » témoigne-t-elle.

Avec le même enthousiasme, Coralie raconte ce qu’elle fait du côté de Calais. « Si je vous dis Calais, vous pensez aux migrants… Ma responsabilité me conduit également en mission dans le quartier du Beau-Marais, où la population est encore différente. » Que faire pour ce quartier qui compte parmi les plus pauvres et où sont présents de nombreux migrants ? Coralie et le Secours Catholique ont organisé il y a quelques semaines un premier temps fort, au Centre Saint-Nicolas, où sont présentes des sœurs Filles de la Charité. « On dit que les gens ne sortent pas de chez eux, ne descendent pas de leur tour… eh bien, une adaptation de l’Escape game (1) bien connu des enfants de l’ACE les en a fait descendre ! Les parents sont même venus au coin café. »

« Savoir laisser sa place si quelqu’un d’autre veut s’engager… »

Coralie veille spécialement à faire participer toutes les personnes dans ses divers projets : « J’évite de tout faire moi-même quoi que ce soit parfois plus rapide car c’est toujours plus beau quand c’est fait en équipe. » Cette phrase pleine de sagesse rejoint la pensée de Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari : « Il vaut mieux quelque chose de moins bien, mais en unité avec nos frères, que ce qui est mieux, mais sans unité avec eux… » Dans la vie de Coralie, il n’y a pas que l’Action catholique, il y a aussi le club de moto « Los Motoros de Salperwick » pour lequel elle s’occupe de la communication. « Quand je ne me sentirai plus épanouie dans mes engagements, j’arrêterai… il faut savoir laisser sa place si quelqu’un d’autre veut s’engager. » Mais serait-ce toujours facile ? « J’ai commencé jeune et j’étais proche des enfants. Il y a une certaine amitié avec eux… le risque c’est que les enfants partent aussi le jour où je vais partir !! »

Un risque certain.


(1)L’Escape Game (jeu d’évasion) La Chambre des secrets est un jeu de coopération proposé par l’ACE. Il permet de récolter au maximum la parole des enfants de manière ludique. Il fait appel aux compétences de chacun.


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