Être à l’écoute

Le club ACE est le lieu où les paroles fusent, parfois dans un joyeux brouhaha. Des mots s’échangent, profonds, violents, pour rire… D’autres ne viennent pas, ils restent au bord des lèvres. Le responsable du club est là, témoin privilégié de ce qui fait la vie des enfants.

Préserver la liberté de paroles

Le club est un espace spécial où la parole est libre. Les enfants savent qu’ils sont écoutés, que leurs échanges et leurs réflexions ne feront pas l’objet d’appréciation ou de notes. C’est cela qui leur permet de tente une parole nouvelle, qui ne soit pas une réponse aux attentes d’un enseignant ou d’un parent. Pour préserver la gratuité de ces échanges, le responsable doit veiller à être dans une posture qui lui permette d’accueillir ce que les enfants apportent sans préjugés, sans idées préconçues, de ce qu’ils sont, sans non plus calquer des stéréotypes qui enfermeraient les enfants de manière définitive dans une attitude induite par les attentes qu’on a vis-à-vis d’eux ; exemple : celui-ci c’est le clown de la bande, celui-là c’est l’agité.

Aider à mettre en mots

Se tenir à l’écoute, cela signifie d’abord bien se connaître pour être conscient de ses filtres personnels et être capable d’instaurer une relation de confiance avec son interlocuteur. Lorsqu’on veut aider certains enfants à s’exprimer ou à préciser leur pensée, il est parfois utile de reformuler ce qui a été dit. Cela permet d’introduire de nouveaux mots, d’enrichir le vocabulaire de l’enfant, d’ouvrir de nouveaux champs pour la pensée et d’aller plus loin dans l’échange. En étant conscient de ses filtres personnels, on évitera de trop « téléguider » son jeune interlocuteur vers des réflexions qui ne sont pas les siennes.

Savoir se taire

C’est sans doute une des choses les plus difficiles à faire.
Tout empressés que nous sommes à rebondir sur ce que vient de dire notre interlocuteur, à lui faire part d’une expérience similaire, nous en oublions d’écouter. Combien de fois nous nous surprenons alors qu’une personne nous parle à « décrocher » pour suivre une pensée qu’un mot de la conversation a réveillé ? S’efforcer d’écouter jusqu’au bout ce qui est dit est un exercice auquel on peut s’astreindre chaque jour. La qualité de l’écoute dépend de ce silence que l’on sait faire et de l’accueil que l’on réserve aux mots de l’autre.

Porter un regard neuf

Pour porter un regard neuf à chaque rencontre, il faut s’apprêter à être étonné, rester ouvert à l’inattendu. Il est en effet humain d’anticiper ce qu’est l’autre. Et de la même façon que dans une famille, on finit parfois par attribuer une place quasi immuable à chacun des enfants d’une fratrie, on a tendance de manière insidieuse et souvent involontaire à remettre chacun à la même place.

Pour nous aider à renouveler son regard il nous faut nous efforcer de veiller à ne pas s’habituer à l’autre, à ne pas le réduire à un instantané en se demandant après chaque rencontre « qu’est-ce que j’ai appris de nouveau ? Qui m’a fait le regarder autrement ? ».

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