Pour les 6-11 ans, l’amitié, c’est intense !

L’enfant entre dans une phase latente, période durant laquelle il va s’ouvrir sur l’extérieur.

Dès l’âge de 6 ans, on peut parler des premières amitiés. D’ailleurs, le pédiatre Simone Berger précise : « La complicité née entre les enfants à cet âge laisse des traces pour la vie entière, tellement les sentiments sont forts et les passions exclusives.« [1]

© Brian Reynaud

Les copains et copines inventent des codes secrets, des rituels entre eux. Les groupes se forment autour d’un même goût pour un jeu, d’une activité extrascolaire en commun. Le mimétisme et l’identification à l’autre sont grands vers 8 ans.

À cet âge-là, l’amitié c’est partager, connaître très bien l’autre. Dans l’échange amical vrai, la réciprocité est très importante, la solidarité aussi, même si les enjeux concernant sa personne restent essentiels. C’est pour cela que les enfants évoquent souvent l’intérêt des amis dans les moments de tristesse, comme un véritable réconfort, une consolation.[2]

 

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« Dans la grande enfance et la prime adolescence, les critères essentiels d’une amitié sont la loyauté et l’intimité »[3]. On entend par loyauté le respect de la règle du jeu mais aussi du secret gardé. Et par intimité, le désir de l’enfant d’inviter le copain à dormir à la maison ou à y passer la journée.

À noter que les amitiés filles-garçons très présentes en maternelle, sont beaucoup moins nombreuses entre 6 et 11 ans. On remarquera donc que les filles jouent plus avec les filles, et les garçons avec les garçons. Plusieurs études ont été menées pour comprendre d’où provenait cette ségrégation fille-garçon, ce désir d’être entre-soi : est-elle biologique ? Culturelle ?
Stéréotypée via l’éducation dès la toute petite-enfance dans le ressenti et la gestion des émotions ?

Les études psychosociologiques actuelles tendent à montrer qu’une part de l’éducation et de la transmission provoqueraient cette ségrégation.

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→ Il faut donc être très attentif quant aux amitiés fille-garçon qui peuvent se nouer et en aucun cas n’émettre de jugements ou de commentaires de type sexué (c’est ton amoureux, c’est ton amoureuse) et en adulte bienveillant, laisser vivre cette interrelation dans le jeu et la confidence.

 


[1] GERBER Simone, amitiés et amours enfantines, Marabout, 2008

[2] Enfance et psy N° 31, Les copains, liens d’amitié entre enfants et entre adolescents, § Amis ou copains, l’amitié chez les petits, Érès, 2006

[3] Conclusion suite à une recherche de DAMON & HART en 1992

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