Un chiffre suffit à mesurer le chemin parcouru : près de 9 jeunes sur 10 utilisent aujourd’hui une IA (intelligence artificielle) conversationnelle en France, selon une enquête du Groupe VYV et de la CNIL menée dans quatre pays européens. Ce qui frappe surtout, c’est que l’outil a débordé son usage de départ. Les IA conversationnelles investissent désormais la sphère personnelle : près d’un jeune sur deux confie y aborder des sujets intimes, et un tiers va jusqu’à leur prêter un rôle de confident, presque de « psy »*.

Intelligence artificielle et jeunes : faut-il s’en inquiéter ?
Doit-on s’en alarmer ou fermer les yeux ? La question posée aux accompagnateurs, aux éducateurs que nous sommes est plutôt celle-ci : comment aider les enfants à garder la tête froide face à un outil en qui ils placent, peut-être sans vraiment le savoir, une confiance si grande ?
Une confiance qui interroge la protection des données personnelles
Car cette confiance, bien réelle, pose un problème de conscience quant à la nature de l’interlocuteur et la protection des données personnelles. 69 % des jeunes estiment qu’une IA peut donner des conseils fiables, 56 % pensent qu’elle garde secrets leurs échanges, et 51 % qu’elle protège les informations confiées. Pourtant, seuls 32 % savent réellement ce que deviennent leurs données. Ce décalage n’est pas neutre : 34 % des jeunes ayant utilisé une IA pour des sujets personnels disent avoir déjà ressenti un malaise face à un conseil reçu.
Ouvrir le dialogue avec les enfants sur l’IA conversationnelle
Le dialogue mérite donc aussi de s’ouvrir sur un plan plus personnel, peut-être sous la forme de débat, de jeu, ou bien encore de manière plus informelle sur un temps calme. À qui parle-t-on quand ça ne va pas ? Une IA peut-elle remplacer un ami, un parent, un adulte de confiance ?
Nous devons pouvoir questionner la nature de l’IA conversationnelle, ce qu’elle est, ce qu’elle permet en tant qu’outil mais aussi, et surtout, ce qu’elle n’est pas et de quelle manière elle est utilisée pour la récupération de nos données personnelles.
Apprendre aux enfants à vérifier les réponses de l’IA
Une IA peut affirmer une erreur avec le même aplomb qu’une vérité, et peu d’enfants vérifient ce qu’on leur répond. Lors d’un temps de club, proposer par exemple, un petit jeu de l’enquêteur. Poser à l’IA une question dont on connaît déjà la réponse, ou aller vérifier ensemble dans un livre ou une source sérieuse. Ce réflexe tout simple, une fois pris, sert bien au-delà des écrans : il apprend à douter avant de croire, à recouper avant de répéter. Et cela vaut pour l’ensemble du spectre de l’information.
Répondre au besoin d’information des jeunes
Signe encourageant, 85 % des jeunes souhaitent eux-mêmes en savoir davantage sur les risques et les bonnes pratiques*. Ce n’est donc une attente à laquelle nous pouvons répondre, sans expertise particulière, juste avec de la présence et de la curiosité.
Faire de l’intelligence artificielle un sujet de dialogue en club
N’hésitons pas à consacrer un temps de club à cette question, à jouer avec les jeunes, en utilisant par exemple le jeu “Connexion réussie !” que nous vous proposons cette année. Autorisons-nous à faire de ce sujet une occasion de dialogue plutôt qu’un angle mort, pour que les enfants gardent un esprit critique et un adulte de confiance comme premier repère.

Pour aller plus loin avec les revues Vitamine et Ricochet
Robots, intelligence artificielle, vie privée en ligne, temps passé sur les écrans… Les dernières revues Vitamine et Ricochet aident les enfants à mieux comprendre les outils connectés qui font désormais partie de leur quotidien.
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Source : Étude Ipsos BVA pour le Groupe VYV et la CNIL, mai 2026, menée auprès de 3 800 jeunes de 11 à 25 ans en France, Allemagne, Suède et Irlande.
























