Le portrait : Yves Brisciano, diacre du Val-de-Marne, nouveau membre de l’EAD

Yves Brisciano, diacre du Val-de-Marne et membre de l'aumônerie nationale de l'ACE.

Yves Brisciano, diacre du Val-de-Marne, rejoint l’équipe d’aumônerie diversifiée de la Fédération nationale.
A son tour, il explique la résonance de cet appel dans sa vie et dans sa foi.

Chaque fois que vous l’avez fait à un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.

Mt 25,40

Il y a 30 ans bientôt, ce verset éclairait mon chemin pour le « oui » que j’ai prononcé lors de mon ordination diaconale. Le service du frère et particulièrement du plus petit, n’est pas en option lors de notre baptême.

Ce mois de septembre (congé pour les retraités), c’est à Naples, berceau de mes ancêtres, où je passe quelques jours avec Marie-Paule et un couple d’amis, que je reçois un appel de Jean-Luc, vicaire général du diocèse. Il m’informe que notre évêque Dominique vient de recevoir une lettre lui annonçant que l’ACE me propose de rejoindre l’équipe d’aumônerie nationale diversifiée. Du haut du Vésuve, j’avais la vue sur cette merveilleuse baie de Naples mais aussi sur ce cratère qui laisse échapper des fumerolles.

Était-ce le lieu et le moment de me poser une telle question ? Silence !

Dans la Bible Dieu appelle tant d’hommes et de femmes sans même prendre rendez-vous !  « Quitte ta terre » dit-il à Abram alors qu’il avait 75 ans.

J’en ai un peu moins et l’ACE m’appelle pour rejoindre l’accompagnement ! Etonné, surpris, silencieux (ça peut m’arriver), il faut me laisser quelques jours pour entendre résonner cet appel.

Les « Cœurs Vaillants » de mon enfance où rien n’était impossible sont bien loin ! « L’entre eux, par eux, pour eux » le « Voir, Juger, Agir » la « Révision de vie », je le reconnais, sont le terreau dans lequel ma foi a grandi et dans lequel je me suis engagé et où mes missions d’accompagnement m’ont amené. J’ai besoin de ce temps de relecture, et d’en parler à mon épouse, à mon accompagnateur, et prendre le temps du silence (celui du désert) dans la prière personnelle.

Je ressens combien il est important, particulièrement dans nos banlieues d’Ile de France (le Val de Marne où je vis), de servir la parole, c’est-à-dire en premier lieu de permettre que la parole des plus petits puisse s’exprimer et être entendue. Ces plus petits, ces enfants, ces ados, ont toute leur place aux yeux de Dieu et ils sont capables de dire ce qui les anime, dire aussi leur foi, et d’agir ensemble avec leurs amis sur tous les sujets de leur vie. Là le Christ nous parle.

Alors si c’est là que l’Eglise m’appelle aujourd’hui, je réponds « Oui » comme d’autres oui à des appels dans ma vie de couple et de famille (7 petits-enfants), dans ma vie professionnelle et de retraité des bus Franciliens où j’ai eu aussi des engagements syndicaux, et dans ma vie de chrétien (là aussi il a fallu oser élargir l’espace de ma tente). Souvent le « Oui » de Marie est un phare pour moi. 

Je ne sais pas trop ce qui m’attend, mais c’est dans la confiance aux enfants, à leurs accompagnateurs, à l’ACE que je réponds. Dans cet appel reçu, j’aperçois comment les enfants sont capables de construire un monde de paix, au-delà de leurs différences, si on prend le temps de les accompagner sur leur chemin.

Dans mon ministère, ma dernière mission confiée était celle de délégué diocésain pour les relations avec les musulmans. J’ai vécu avec beaucoup de bonheur la construction du dialogue et de la confiance avec les croyants de l’Islam. Dans mon diocèse comme dans beaucoup d’autres lieux, les enfants vivent dans ce monde multiculturel et multiconfessionnel. Dans nos quartiers, en bas de leurs immeubles, dans la cour de récréation et même dans les clubs de l’ACE, ils sont appelés à ce « vivre ensemble » dans une même réalité, une même amitié. L’esprit de Dieu travaille le cœur de tous ces enfants sans aucune différence.

Avec humilité et joie, je me laisse interpeller par l’Esprit sans savoir où il me mènera. J’accepte de rejoindre l’aumônerie en diversité, au service des plus petits, des plus fragiles.

Merci Seigneur de me faire redécouvrir l’ACE de ce jour, avec j’espère un cœur aussi vaillant que celui de mon enfance !

Yves BRISCIANO
Diacre

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