Père Michel Besse-Mendy : « Je dois à l’ACE d’avoir découvert la foi chrétienne. »

Michel Besse Mendy

Michel Besse-Mendy est un enfant de l’éducation populaire. Originaire de Biarritz, il a grandi en fréquentant les centres aérés laïques des Francas, une association d’éducation populaire née de la Résistance après la Libération. Ce sont eux qui le conduisent à rencontrer l’ACE et à y découvrir la foi chrétienne.

Michel Besse est devenu prêtre à Bayonne en 1993. C’est un parcours original qui l’a conduit à cette ordination. Enfant de milieu ouvrier, il passait ses vacances aux centres aérés des Francas. Les Francas ? C’est un patronage laïc né au lendemain de la seconde guerre mondiale. Le terme « Francas » signifie « Franche camaraderie ». Jeune adulte, il y devient animateur. Un jour, une Fête du jeu est organisée dans sa région. « Je me rappelle d’une fête du jeu coorganisée entre les Francas et l’ACE. J’étais du côté des « laïcs » et, en face de nous, il y avait un groupe avec des curés, et l’on se méfiait… » raconte Michel, amusé par ce souvenir qui, pourtant, sera le point de départ de son cheminement chrétien.

« Lors des fêtes du jeu, j’ai vu que les enfants de l’ACE étaient très créatifs. Puis j’ai découvert le C de l’ACE qui m’a fait rentrer avec tout ce que je suis dans l’Evangile ! Je dois à l’ACE d’avoir découvert la foi chrétienne, tout autant que je dois aux Francas d’avoir eu l’esprit libre pour faire mes choix. La relecture de la parole des enfants en ACE me permet de me rapprocher du Christ-qui-vit-en-eux, bien plus entraînant que mes idées moisies ! »

Cette découverte de la foi chrétienne l’a rapidement guidé vers sa vocation. « A 17 ans j’ai connu l’ACE, et à 18 ans, j’ai voulu devenir prêtre. Je dois à l’Action catholique le goût de la liberté que propose l’Evangile. » témoigne-t-il.

Une fois prêtre, c’est la mission qui l’attire. Après quelques années dans le diocèse de Bayonne, il passera deux années coopérant en Afrique avec les « Coeurs Vaillants et Âmes Vaillantes du Gabon », dans une paroisse confiée aux missionnaires spiritains. Aujourd’hui, il est engagé à la Mission de France, et travaille à plein temps pour le mouvement ATD Quart-Monde. C’est à ce titre qu’il est en mission à Gennevilliers depuis 2017.

« A Gennevilliers, recommencez l’ACE avec des enfants qui ne sont pas encore au caté ni aux scouts ! »

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Les enfants de l’ACE de Gennevilliers, lauréats du Prix de la Vaillance 2019, aux côtés de Michel Besse-Mendy

Relancer l’ACE avec des enfants qui ne vont ni au caté, ni aux Scouts… Tel était le souhait du conseil pastoral de Gennevilliers et d’un groupe de parents. En 2018, alors que la perspective de changements dans les temps d’accueil périscolaires inquiétait parents et catéchistes, Michel Besse a mobilisé autour de lui pour que naisse un club ACE dès la rentrée de septembre 2019.

De nombreuses familles allaient devoir occuper leurs enfants durant les temps libres. Les centres de loisirs municipaux sont nombreux. Cependant, le portail informatique pour s’inscrire, et même la modeste contribution qui est demandée aux familles sont des obstacles quand il y a trois, quatre ou cinq enfants. Alors que faire ? Michel leur a alors rapidement proposé ce qu’il connaissait quand il était jeune, l’ACE ! Plusieurs parents n’ont pas tardé à le soutenir. « Parmi les mamans, il y avait une ancienne Âme vaillante de Dakar. Elle était même chef de groupe ! Dans ce groupe de parents, un papa de 5 enfants nous a dit avoir tenu des « Cop’mondes » qui sont les Cœurs vaillants et Âmes vaillantes du Cameroun. Une autre maman encore, de Madagascar a dit que cela s’appelait les « Ibalitas ». Un papa congolais se souvenait avoir été « Ya-mbote » à Brazzaville ! Tous ont souhaité que leurs enfants connaissent à Gennevilliers ce qu’ils avaient connu lors de leur jeunesse en Afrique ou dans les îles. »

Le Conseil pastoral a encouragé cette initiative :

« L’ACE n’existe plus depuis 30 ans ! Relancez l’ACE avec des enfants qui ne sont pas encore au caté ni aux scouts… Réunissez-les dans des salles municipales et dans les centres sociaux du quartier du Luth et du quartier des Grésillons. »

C’est ainsi que le projet de créer l’ACE avec ces « Âmes vaillantes d’Afrique » a été lancé.

Michel Besse-Mendy, un formateur fidèle aux Francas

Fidèle à son histoire avec les Francas, Michel est formateur deux semaines par an « sur ses vacances ! ». Michel Besse est très attaché à l’importance d’être bien formé pour exercer ses talents d’animateur et d’accompagnateur. Selon lui, les Francas ont des qualités d’innovations et sont les pionniers de la formation au BAFA.

« Comme animateur et formateur d’animateurs, ce qui est premier est d’apporter un socle de confiance et de sécurité pour que les projets d’enfants aboutissent. C’est un plaisir de les voir réussir et partager leur engagement à d’autres, toujours avec ce principe fort de l’éducation populaire qui est de jouer, faire jouer et laisser jouer. » témoigne-t-il.

A la rentrée de septembre 2019, le Père Michel va rejoindre l’équipe Bussy-Saint-Georges avec la mission de France. Il continuera son travail à plein temps à ATD Quart-Monde au siège national de Montreuil. Le discernement et le cheminement progressif vers la vie de prêtre-ouvrier, ce sont ses racines ouvrières et ses convictions sociales qui l’y ont conduit : « Pendant mon séminaire, j’avais fait deux années de coopération pour aider l’ACE au Gabon qui s’appelle les CVAV. J’étais rentré en France et, comme j’avais connu la mission au Gabon, j’ai d’abord demandé à être missionnaire à l’extérieur en étant membre des Spiritains. Ensuite, l’Evangile a continué de mûrir en moi, comme un pèlerinage aux sources et àmes racines ouvrières pour entrer à la mission de France en 2011. »

Nul doute que Michel ne manquera pas de saisir les occasions de proposer les valeurs de l’ACE, sa spiritualité de joie, de confiance, de vaillance et d’engagement. Et sans oublier d’y apporter le « sel » de la franchise et de la camaraderie reçu de la tradition humaniste des Francas. Pour Michel, « unir des valeurs humaines avec l’art de vivre inspiré des évangiles, c’est un outil de dialogue et de rencontre avec tous, pour un combat commun pour la place de l’enfance, respectée et garantie par les adultes, autant dans la société que dans la vie chrétienne en Eglise ».

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