Premier jour du Ramadan 2018

« Ce qui nous menace tous n’est pas le choc des civilisations, mais plutôt le choc de l’ignorance et du radicalisme…, l’ignorance est avant tout une menace pour la coexistence »

— Cardinal Tauran.

Le 17 mai marque le début d’une période importante pour nos frères musulmans. C’est le premier jour du Ramadan, quatrième pilier de l’islam. Il fait mémoire de la période durant laquelle le prophète Mohammed s’est retiré du monde dans une caverne du Mont Hira pour méditer et prier. C’est aussi là qu’il a reçu la visite de l’ange Gabriel et la révélation qu’il est le messager de Dieu. Pour les musulmans, c’est une longue période de jeûne, du lever au coucher du soleil. Mais c’est aussi une période de joie et de fête puisque dès la tombée de la nuit, familles, amis et voisins se retrouvent tous ensemble pour manger, boire et réciter le Coran. Plus encore que le jeûne, les musulmans, à l’image de leur prophète, profitent de cette période pour méditer, prier et faire de bonnes actions.

En France, ils seront près de 6 millions à jeûner, un exercice particulièrement éprouvant en période de chaleur mais aussi pour les personnes qui travaillent.

En ACE

C’est une réalité que nous rencontrons bien souvent puisque les clubs accueillent de manière inconditionnelle des enfants de toutes confessions. C’est le cas notamment à Garges-Lès-Gonesse, où l’on trouve des copines chrétiennes et musulmanes parce que l’amitié ne connait pas de barrières. À vrai dire, ce sont plutôt les musulmanes qui sont allées chercher les chrétiennes pour leur parler de l’ACE en début d’année. Invitations, porte-à-porte, elles n’ont reculé devant rien !

Aujourd’hui, le club est à l’image de la cité des Doucettes où elles habitent : un beau mélange de couleurs et de religions. Certaines sont musulmanes, d’autres catholiques, d’autres évangélistes ou protestantes… Elles se connaissaient pour certaines grâce aux sorties du centre social, aux rencontres dans le jardin partagé ou même via le collège. Elles partagent en club une même envie de contribuer à un meilleur vivre-ensemble.

Un pas vers l’autre

Au mois d’avril, les filles ont participé à « Un pas vers l’autre ». Cette journée organisée par le collectif Garges en Paix de découverte des trois lieux de culte monothéistes de la ville : la mosquée marocaine El Irrhad, l’église Sainte-Geneviève et la synagogue de Garges-lès-Gonesse.

Les découvertes se sont succédées : « Je suis déjà venue avec ma cousine pour certaines fêtes mais je n’avais jamais vu les locaux réservés aux hommes, ni vu l’Imam qui est toujours chez les hommes. Il a beaucoup parlé de la fraternité entre les peuples », a relevé Rokia. Cette dernière, musulmane, était déjà rentrée plusieurs fois dans une église avec son club mais jamais dans une synagogue : « Je ne connaissais qu’un film : « Le Chat du Rabbin » qui veut faire sa Bar-Mitsva ! ».

Diara s’est étonnée de ce que l’Imam précise que les fidèles étaient de cultures différentes : marocaine, comorienne, malienne, mauritanienne, maghrebine… Michèle a remarqué qu’il avait bien plus de pièces à la Mosquée qu’à l’église à cause des ablutions et salles de prière différentes pour les hommes et les femmes. Elle a aussi été interpelée lorsque « le prêtre a expliqué qu’à la messe, il y a 2 tables : celle de la Parole et celle du Sacrifice ».

« À la Mosquée et à la Synagogue, les hommes et les femmes sont séparés alors que chez les chrétiens, on se mélange » s’est étonnée Wanie. Naomi, elle, a particulièrement apprécié l’hymne à la fraternité (hymne européen), chanté par tous les participants en quittant l’église. Yougoudou résume à sa manière : « La visite des lieux était géniale parce que je ne connaissais pas ! »

Une fois encore, les enfants nous montrent la voie évoquée par Monseigneur Santier, évêque de Créteil et ancien président du Conseil pour les relations interreligieuses, à l’occasion des rencontres islamo-chrétiennes de ce mois de mai, « Ensemble avec Marie » : « La rencontre entre croyants de différentes religions n’est pas facultative. Elle n’est pas imposée par les autorités politiques, elle vient toujours de l’intérieur de notre foi. Nous n’avons pas la même expérience de Dieu mais nous vivons ensemble une expérience spirituelle pour cheminer ensemble et devenir des pèlerins de la paix ».

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