Goûtons l’instant…

Cultiver l’art d’être réceptif, voilà un exercice auquel nous sommes peu habitués.

Pris dans le flot de nos multiples activités, nous nous jetons parfois dans l’action oubliant d’être à l’écoute des autres, de nous-mêmes.

Nous sommes faits de sensations, et bien plus que nous le pensons, l’environnement dans lequel nous évoluons s’adresse à notre corps entier. Si les enfants ont dès le plus jeune âge cette sensibilité accrue* qui leur permet d’être réceptifs aux textures et aux parfums qui les entourent, bien vite l’afflux d’images et de sons vient « endormir » des sens tels que le toucher ou l’odorat. Rester en éveil, être attentif à la vie autour de nous, cela nécessite désormais un effort. Avant d’agir, il faut « voir ». Cela signifie, se poser, être là, présent sans autre but qu’accueillir ce qui vient.

Cette pause à laquelle nous sommes invités n’est pas un luxe, une distraction dont on pourrait faire l’économie, elle est nécessaire, voire vitale pour nous reconnecter à la nature renouer avec nos racines et faire preuve de curiosité. Sans cela, nous perdons l’essentiel, oubliant que nous sommes des êtres en relation. Le club ACE est un lieu privilégié pour vivre ce temps « hors du temps », interrompre un moment le flux de la pensée, celui de la parole. Au détour d’une balade en forêt, d’un goûter, d’un bricolage, il s’agit d’oser goûter la saveur de l’instant.

« Le meilleur moment, c’est quand on a chanté dans la chapelle, on aurait dit des anges. » (Justin, 6 ans)

« Quand on a fabriqué les bougies, le parfum ça me rappelait ma mamie. » (Loan, 7 ans)

« J’aime aller au club parce que j’adore goûter les tisanes qu’il y a dans la boîte. » (Sophie, 12 ans)

« Je mettrais que des pictogrammes soleil sur la journée de mon baptême. On m’a mis de l’eau sur la tête et du parfum sur le front, c’était trop magnifique ! (Éloi, 7 ans)


*Sensations premières

C’est auprès de sa mère que le nouveau-né recueille des informations sensorielles. Celles-ci contribuent à créer le sentiment de sécurité dont il a besoin pour se sentir en sécurité. Dès les premiers jours, le nourrisson est très réceptif à la voix humaine, en particulier celle de ses parents, et son odorat très développé lui permet de reconnaître les odeurs maternelles. Vers le deuxième mois, son sens du toucher s’affine et le contact physique s’affine et participe à nouer des liens. À partir du troisième mois, il s’éveille et scrute le monde qui l’entoure, il commence à être sensible aux couleurs même si ces fonctions visuelles ne seront optimales que vers l’âge de 4 ans. Si dès la vie intra-utérine, le bébé est sensible aux mélodies qu’il perçoit, c’est à partir du cinquième mois qu’il arrive à repérer d’où proviennent les bruits qu’il entend et qu’il devient attentif aux sons et à la musique. L’acquisition progressive des sens par l’enfant au cours de sa première année va lui permettre de se sentir petit à petit en sécurité, puis d’explorer le monde.

Les commentaires sont clos.